Addiction au téléphone rose, notre enquête

Sexe telephone

Nous n'aurions jamais cru avoir à réaliser une enquête sur les addictions au téléphone rose en 2018. Pour nous, à la rédaction, le téléphone rose c'était de l'histoire ancienne. Un service offert aux hommes en manque d'amour et de sexe dans les années 90 voir dans les années 2000. Le téléphone rose dans notre esprit n'était plus du tout d'actualité... Nous avions tout faux. Non seulement le téléphone rose est encore d'actualité, mais il rencontre un vif succès.

Le doigt dans l'engrenage du téléphone rose

Tout commence par un simple coup de fil. Un moment d'égarement, un moment de solitude, le client compose le numéro de téléphone de la petite annonce qu'il a vue sur un journal gratuit distribué dans sa boîte boîte aux lettres. Ensuite, tout va très vite, les animatrices du téléphone rose connaissent leur discours par cœur. Elles maîtrisent sur le bout des doigts le vocabulaire à employer, les petites phrases cochonnes, les intonations, les cris, les gémissements qui font craquer tous les hommes. C'est un scénario bien huilé et qui fonctionne extrêmement bien. Une fois ferré, le client revient et souvent plusieurs fois par semaine.

Une addiction difficile à soigner

Une fois pris dans l'engrenage, les clients du téléphone rose deviennent complètement addicts. Ils trouvent dans la relation virtuelle téléphonique une satisfaction très grande. Cette satisfaction ils ne la retrouvent pas sur Internet car les relations avec les femmes y sont uniquement virtuelles. Le fait d'entendre la voix d'une personne qui vous parle à l'autre bout du fil est très excitant et donc très addictif.

Le CHU de la ville de Tours a mis en place un service spécifique dédié aux hommes qui sont incapables de se détacher de ces services téléphoniques et qui y passent une grosse partie de leur salaire. Le docteur Durand, spécialiste des addictions sexuelles, nous éclaire sur ce phénomène : "Le téléphone rose, c'est un peu comme une drogue. Au départ c'est une pulsion, une envie... ensuite cela devient une vraie raison de vivre, une obsession".

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